Paléodex — Dinosaures, fossiles et espèces disparuesLe perroquet de Caroline : l'unique perroquet des États-Unis, exterminé

Le perroquet de Caroline : l’unique perroquet des États-Unis, exterminé

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Le perroquet de Caroline (Conuropsis carolinensis) était un oiseau étonnant : un vrai perroquet, vert vif, à la tête jaune et à la face orange, qui vivait non pas sous les tropiques, mais dans les forêts de l’est des États-Unis. C’était le seul perroquet originaire de cette région du monde. Il volait en bandes bruyantes et colorées. Puis l’homme l’a exterminé. Le tout dernier, un mâle nommé Incas, est mort en 1918, dans la cage même où s’était éteint, quatre ans plus tôt, le dernier pigeon migrateur. Voici son histoire, établie par la science.

La carte d’identité du perroquet de Caroline

  • Nom scientifique : Conuropsis carolinensis
  • Famille : Psittacidés (les perroquets)
  • Habitat : est et centre des États-Unis
  • Taille : environ 30 cm
  • Particularité : le seul perroquet de l’est de l’Amérique du Nord
  • Disparition : 1918 (dernier individu)
  • Plus proches parents vivants : les perruches et conures d’Amérique
  • Mode de vie : très social, en bandes bruyantes

Qu’est-ce que le perroquet de Caroline ?

Le perroquet de Caroline était un membre de la famille des Psittacidés, celle des perroquets. Sa grande particularité tient à l’endroit où il vivait. On imagine toujours les perroquets sous les tropiques. Or celui-ci prospérait dans les forêts tempérées de l’est des États-Unis, aussi loin au nord que l’État de New York. C’était le seul perroquet originaire de cette immense région.

Ses plus proches parents encore vivants sont les petits perroquets d’Amérique du Sud et centrale, les perruches et les conures, comme la conure soleil. Le perroquet de Caroline était en quelque sorte leur cousin nordique, installé bien plus haut que tous les autres.

À quoi ressemblait le perroquet de Caroline ?

C’était un oiseau splendide, long d’une trentaine de centimètres. Son corps était d’un vert vif, sa tête d’un jaune éclatant, et sa face marquée d’orange rougeâtre. Son bec, clair et robuste, était typique des perroquets. De loin, une bande de perroquets de Caroline dans un arbre nu de l’hiver américain devait offrir un spectacle inattendu, presque tropical.

L’oiseau vivait en groupes très soudés, souvent des bandes de plusieurs centaines d’individus, réputées pour leurs cris perçants.

Où vivait-il et que mangeait-il ?

Le perroquet de Caroline occupait tout l’est et le centre des États-Unis, de l’État de New York jusqu’à la Floride, et vers l’ouest jusqu’au Colorado. Il aimait les vieilles forêts humides le long des rivières et les marais, riches en grands arbres comme le cyprès chauve.

Il se nourrissait de graines et de fruits. Il avait un goût particulier pour les graines de lampourde (Xanthium strumarium), une plante toxique pour beaucoup d’animaux. On pense que ce régime rendait sa propre chair toxique. Mais il se posait aussi dans les vergers et les champs de céréales, ce qui lui valut d’être considéré comme un nuisible par les agriculteurs.

Un comportement qui l’a condamné

Le perroquet de Caroline avait un trait de caractère magnifique et tragique. Quand une partie de la bande était abattue, les autres oiseaux, au lieu de fuir, revenaient tournoyer au-dessus de leurs compagnons tombés au sol.

Le drame de la fidélité : ce retour vers les blessés permettait aux chasseurs d’abattre une bande entière au même endroit, sans que les survivants ne s’enfuient. Comme le grand pingouin ou la vache de mer de Steller, le perroquet de Caroline a été victime de sa propre sociabilité. Sa solidarité est devenue son piège.

Pourquoi le perroquet de Caroline a-t-il disparu ?

Sa disparition résulte de plusieurs pressions humaines qui se sont accumulées.

  1. La destruction des forêts : l’abattage des vieilles forêts humides, transformées en terres agricoles, l’a privé de son habitat et de ses sites de nidification.
  2. Le tir comme nuisible : considéré comme un ravageur des vergers et des cultures, il était abattu en masse par les agriculteurs.
  3. Le commerce des plumes : son plumage éclatant était recherché pour orner les chapeaux de dame, très à la mode à l’époque.
  4. La capture pour la cage : beaucoup furent attrapés vivants pour être vendus comme oiseaux d’ornement.
  5. Sa fidélité au groupe : son habitude de revenir vers les oiseaux tombés facilitait les massacres.

En quelques décennies, l’espèce autrefois commune est devenue rare, puis a disparu.

Incas, le dernier perroquet de Caroline

Rare dès le milieu du XIXe siècle, le perroquet de Caroline s’est éteint dans la nature au début du XXe. Le dernier individu sauvage connu fut tué en Floride en 1904, et plus aucune observation fiable ne fut faite après 1910.

Le tout dernier de son espèce, un mâle nommé Incas, vivait au zoo de Cincinnati. Il est mort le 21 février 1918, moins d’un an après sa compagne Lady Jane. Un détail bouleversant relie son histoire à celle d’un autre disparu : Incas s’est éteint dans la cage même où Martha, le dernier pigeon migrateur, était morte en 1914. Deux espèces américaines éteintes, au même endroit, à quatre ans d’intervalle. L’espèce fut officiellement déclarée éteinte en 1939.

Ce que son ADN nous a appris

En 2019, des chercheurs ont réussi à lire le génome complet du perroquet de Caroline, à partir d’un spécimen de musée. Le résultat est éclairant. Contrairement à d’autres espèces disparues, son patrimoine génétique ne montrait aucun signe d’un long affaiblissement ni de consanguinité.

Autrement dit, ce n’était pas une espèce déjà condamnée par la nature. C’était une espèce en bonne santé, exterminée brutalement par l’homme. Sa disparition n’a rien de naturel : elle est entièrement de notre fait.

Que reste-t-il du perroquet de Caroline ?

Il ne reste que des spécimens conservés dans les musées, quelques photographies d’oiseaux captifs, et de superbes planches peintes par les naturalistes d’autrefois. Aucun grand projet ne cherche aujourd’hui à le ressusciter. Mais ses cousins, les perroquets et les perruches d’Amérique, continuent d’égayer les forêts du continent de leurs couleurs vives.

Pour aller plus loin avec les enfants : le perroquet de Caroline a disparu, mais ses cousins, les perroquets et les perruches, vivent toujours dans les Amériques. Découvrez-les dans nos figurines d’oiseaux réalistes pour imaginer les couleurs de l’oiseau disparu.

Conclusion

Le perroquet de Caroline était unique : le seul éclat de couleur tropicale des forêts de l’est américain. Il n’a pas été emporté par une catastrophe, mais par une succession de gestes humains, des forêts rasées aux fusils des vergers, en passant par la mode des chapeaux à plumes. Son histoire rappelle qu’une espèce en pleine santé peut disparaître en une génération. Et que la beauté d’un animal ne suffit jamais à le protéger.

Questions fréquentes sur le perroquet de Caroline

Le perroquet de Caroline était-il un vrai perroquet ?

Oui. C’était même le seul perroquet originaire de l’est de l’Amérique du Nord, un vrai membre de la famille des perroquets, vivant en forêt tempérée.

Où vivait-il ?

Dans l’est et le centre des États-Unis, de l’État de New York jusqu’à la Floride, et vers l’ouest jusqu’au Colorado, surtout dans les vieilles forêts humides.

Pourquoi le perroquet de Caroline a-t-il disparu ?

À cause de la destruction des forêts, des tirs contre un oiseau jugé nuisible, du commerce de ses plumes pour les chapeaux et de la capture pour la cage. Son habitude de revenir vers les oiseaux tombés a aggravé les choses.

Qui était Incas ?

Incas était le tout dernier perroquet de Caroline. Il est mort au zoo de Cincinnati le 21 février 1918, dans la cage même où le dernier pigeon migrateur, Martha, s’était éteinte en 1914.

Le perroquet de Caroline a-t-il un parent vivant ?

Oui. Ses plus proches parents vivants sont les petits perroquets d’Amérique, les perruches et les conures, comme la conure soleil.

À lire aussi dans la série Animaux disparus : Le pigeon migrateur, Le dodo, Le thylacine, Le grand pingouin, Le quagga, Le moa et La vache de mer de Steller.

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