Imaginez que vous enfilez un masque et un tuba, et que vous plongez la tête sous la surface d’un lagon tropical. Ce que vous découvrez vous coupe le souffle. Des centaines de poissons, de toutes les tailles, de toutes les formes et de toutes les couleurs imaginables, nagent autour de vous. Un poisson-clown orange vif se faufile dans les tentacules d’une anémone. Un chirurgien bleu file comme une flèche entre les coraux. Plus loin, une murène ouvre et ferme sa gueule impressionnante depuis un trou dans le récif. Bienvenue dans le monde extraordinaire des poissons de mer.
Les poissons sont les animaux marins les plus nombreux et les plus diversifiés de la planète. On en connaît plus de 30 000 espèces, dont environ 18 000 vivent en eau salée. Et les scientifiques en découvrent encore de nouvelles chaque année, en particulier dans les récifs coralliens et les abysses. Ils peuplent tous les étages de l’océan, de la surface ensoleillée jusqu’aux fosses les plus profondes, à plus de 8 000 mètres sous le niveau de la mer.
Comment fonctionne un poisson ?

Avant de partir à la rencontre des différentes espèces, prenons un instant pour comprendre comment fonctionne un poisson. Car leur corps est une merveille d’ingénierie, façonnée par des centaines de millions d’années d’évolution.
Les branchies sont le secret de leur vie sous-marine. Là où nous utilisons nos poumons pour respirer l’oxygène de l’air, les poissons utilisent leurs branchies pour filtrer l’oxygène dissous dans l’eau. Le poisson ouvre la bouche, avale de l’eau, et celle-ci passe sur les branchies (de fines lamelles rouges très vascularisées) avant de ressortir par les ouïes, sur les côtés de la tête. Ce système est si efficace qu’il extrait jusqu’à 80 % de l’oxygène contenu dans l’eau, bien plus que nos poumons ne le font avec l’air.

La vessie natatoire est un organe que nous n’avons pas. C’est une poche remplie de gaz à l’intérieur du corps du poisson, qui lui permet de flotter à la profondeur souhaitée sans effort, un peu comme un sous-marin qui remplit ou vide ses ballasts. Les poissons qui vivent au fond n’en ont souvent pas besoin, et ceux des grandes profondeurs non plus.

La ligne latérale est un sixième sens. C’est une rangée de capteurs microscopiques qui court le long du flanc du poisson, de la tête à la queue. Elle détecte les moindres vibrations et les changements de pression dans l’eau, ce qui permet au poisson de « sentir » les mouvements autour de lui, même dans le noir complet. C’est grâce à la ligne latérale qu’un banc de milliers de poissons peut changer de direction instantanément, comme un seul organisme.

Les écailles, enfin, forment une armure souple qui protège le corps tout en permettant une nage fluide. Elles sont recouvertes d’un mucus glissant qui réduit les frottements avec l’eau et protège le poisson contre les parasites et les infections.

Les poissons du récif corallien : la cité sous-marine

Le récif corallien est le quartier le plus animé de l’océan. On y trouve jusqu’à 4 000 espèces de poissons, dans un espace qui ne représente pourtant que 0,1 % de la surface des océans ! C’est l’endroit le plus riche en biodiversité de toute la planète sous-marine.
Le poisson-clown est sans doute la star du récif. Rendu célèbre par le film d’animation « Le Monde de Nemo », ce petit poisson orange et blanc vit dans les tentacules venimeux d’une anémone de mer. Comment fait-il pour ne pas se faire piquer ? Il produit un mucus spécial sur sa peau qui neutralise le venin. En échange de cet abri sûr, le poisson-clown nettoie l’anémone et lui apporte des restes de nourriture. Les scientifiques appellent cette relation la symbiose : tout le monde y gagne. Et le poisson-clown Safari Ltd reproduit fidèlement ses couleurs éclatantes.
Le chirurgien bleu (le « Dory » du film) porte son nom à cause d’une épine tranchante comme un scalpel, cachée de chaque côté de la queue. C’est une arme redoutable contre les prédateurs. Le poisson-perroquet, lui, possède un bec si puissant qu’il croque le corail pour manger les algues microscopiques qui s’y trouvent. Ce faisant, il produit du sable fin : une bonne partie des plages de sable blanc des tropiques est en réalité du corail digéré par des poissons-perroquets ! Un seul individu peut produire jusqu’à 100 kilogrammes de sable par an.

La murène, avec sa gueule toujours ouverte et ses dents acérées, a l’air menaçante. En réalité, elle ouvre la bouche uniquement pour faire circuler l’eau sur ses branchies et respirer. Elle est plutôt timide et ne mord que si on la dérange. Les mérous géants, eux, peuvent atteindre 2,5 mètres de long et peser 400 kilogrammes. Ces colosses du récif sont si curieux qu’ils s’approchent parfois des plongeurs pour les examiner de près.

Le saviez-vous ? Sur le récif, il existe des « stations de nettoyage » tenues par de minuscules poissons ou des crevettes. Les gros poissons font la queue pour se faire débarrasser de leurs parasites. Pendant le nettoyage, même les prédateurs les plus féroces restent immobiles et laissent les petits nettoyeurs entrer dans leur bouche et leurs branchies en toute sécurité.
Les champions de la haute mer

Loin des récifs, en plein océan, les poissons pélagiques (du grec « pelagos », la haute mer) vivent dans un monde très différent : un immense désert bleu sans le moindre abri. Ici, la survie repose sur la vitesse, l’endurance et le travail d’équipe.
Le thon rouge est l’athlète de l’océan. Son corps fuselé comme une torpille, ses muscles puissants et sa capacité unique à maintenir sa température corporelle au-dessus de celle de l’eau font de lui un nageur infatigable. Il peut traverser l’océan Atlantique en quelques semaines et atteindre des vitesses de 70 km/h en pointe. Un thon rouge adulte peut mesurer 3 mètres de long et peser 600 kilogrammes.

L’espadon voilier (ou marlins à voile) est le poisson le plus rapide du monde : il peut atteindre 110 km/h en chasse, soit la vitesse d’une voiture sur l’autoroute ! Son immense nageoire dorsale en forme de voile se replie pour réduire la résistance quand il sprinte, et se déploie pour effrayer les bancs de poissons qu’il encercle.

Le poisson-lune (Mola mola) est le poisson osseux le plus lourd du monde. Il peut peser plus de 2 tonnes et mesurer 3 mètres de haut. Malgré son apparence de crêpe géante (il semble avoir été coupé en deux), c’est un nageur étonnamment efficace qui plonge régulièrement à plus de 600 mètres pour chasser les méduses dont il raffole. Les sardines, quant à elles, sont peut-être petites individuellement, mais elles forment des bancs de plusieurs millions d’individus qui se déplacent comme un seul organisme gigantesque, créant des boules scintillantes qui attirent requins, dauphins et oiseaux dans des festins spectaculaires.

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Les créatures extraordinaires

Parmi les 18 000 espèces de poissons marins, certaines semblent sortir tout droit de l’imagination d’un artiste.
L’hippocampe, avec sa tête de cheval et son corps cuirassé, nage en position verticale en battant sa minuscule nageoire dorsale jusqu’à 70 fois par seconde. Il utilise sa queue préhensile pour s’accrocher aux algues et aux herbes marines, comme un singe s’accroche à une branche. Mais le plus incroyable, c’est la reproduction : chez les hippocampes, c’est le papa qui porte les bébés ! La femelle dépose ses œufs dans la poche ventrale du mâle, et c’est lui qui les protège, les nourrit et les met au monde, parfois par centaines. La figurine d’hippocampe et son bébé Safari Ltd illustre parfaitement ce lien unique entre le père et ses petits.
Le poisson-globe, lorsqu’il se sent menacé, avale une grande quantité d’eau (ou d’air) pour se transformer en boule hérissée de piquants. Sa peau contient de la tétrodotoxine, un poison 1 200 fois plus puissant que le cyanure, ce qui en fait l’un des vertébrés les plus toxiques du monde.

Le poisson volant possède des nageoires pectorales si grandes qu’elles fonctionnent comme des ailes. En prenant de la vitesse sous l’eau puis en jaillissant à la surface, il peut planer sur plus de 200 mètres à une hauteur de plusieurs mètres au-dessus des vagues, échappant ainsi aux prédateurs qui le poursuivent.

Le rémora, ou poisson ventouse, possède une ventouse ovale sur le dessus de la tête qui lui permet de se fixer sur les requins, les raies manta, les tortues de mer et même les bateaux. Il voyage ainsi gratuitement à travers l’océan, se nourrissant des restes de repas de son hôte et des parasites qu’il décroche de sa peau.
Le saviez-vous ? Certains poissons peuvent changer de sexe au cours de leur vie. Le mérou, par exemple, naît femelle et devient mâle en vieillissant. Le poisson-clown fait l’inverse : le mâle dominant se transforme en femelle si la femelle du groupe meurt. Ces changements permettent de maintenir l’équilibre du groupe et d’assurer la reproduction.
Les poissons des profondeurs : un monde de ténèbres

En dessous de 200 mètres de profondeur, la lumière du soleil ne parvient plus. C’est le début d’un monde de ténèbres totales, de froid glacial et de pression écrasante. Et pourtant, des poissons vivent là aussi, parfaitement adaptés à cet univers hostile.
Le poisson-lanterne (ou baudroie abyssale) est peut-être la créature la plus célèbre des profondeurs. La femelle possède une tige flexible au-dessus de la tête, terminée par un leurre bioluminescent qui brille dans le noir. Les petits poissons, attirés par cette lumière mystérieuse, s’approchent et sont happés par l’énorme gueule de la baudroie. Le mâle, quant à lui, est minuscule (parfois dix fois plus petit que la femelle). Quand il trouve une femelle, il s’y fixe définitivement, fusionnant avec son corps pour le reste de sa vie.
Le poisson-vipère possède des dents si longues qu’elles ne rentrent pas dans sa bouche et dépassent de chaque côté de sa mâchoire. Le poisson-hache a un corps aplati latéralement et des yeux tubulaires dirigés vers le haut pour repérer les silhouettes de ses proies contre la faible lumière venant de la surface. Le poisson-tripode se pose sur le fond marin en s’appuyant sur trois longues nageoires rigides, comme un trépied, et attend patiemment que la nourriture passe à sa portée.

Les poissons font du bruit !
Contrairement à l’expression « muet comme une carpe », les poissons sont loin d’être silencieux. Les scientifiques ont découvert que des centaines d’espèces produisent des sons : des grognements, des tambourinements, des clics, des ronronnements et même des chants.
Comment font-ils ? Certains font vibrer leur vessie natatoire comme un tambour. D’autres frottent leurs os ou leurs dents les uns contre les autres, comme un musicien frotterait un archet sur une corde. Le grondin, par exemple, produit un grognement si fort qu’on peut l’entendre depuis un bateau. Le tambour (ou maigre) tire son nom du bruit de percussion qu’il émet. Et le midshipman, un poisson de la côte pacifique américaine, « chante » toute la nuit pour attirer les femelles, avec un bourdonnement si puissant que les habitants des houseboats de San Francisco se sont parfois plaints du bruit !
Pour écouter de véritables sons de poissons, la NOAA (l’agence océanique américaine) a mis en ligne des enregistrements réalisés par des hydrophones sous-marins. Vous y entendrez des grognements de mérous, des tambourinements de tambours et des clics de crevettes, le tout dans le domaine public. Une expérience sonore fascinante !
Poissons osseux et poissons cartilagineux
Tous les poissons ne sont pas construits de la même façon. On distingue deux grands groupes.
Les poissons osseux (ou ostéichtyens) ont un squelette fait d’os dur, comme le nôtre. C’est le groupe le plus nombreux, avec la grande majorité des espèces connues : thon, morue, saumon, poisson-clown, hippocampe, sole, mérou et des milliers d’autres.

Les poissons cartilagineux (ou chondrichtyens) ont un squelette fait de cartilage, le même matériau souple qui forme le bout de votre nez et vos oreilles. Ce groupe comprend les requins, les raies et les chimères. Ils n’ont pas de vessie natatoire (les requins doivent nager en permanence pour ne pas couler) et leurs branchies s’ouvrent directement sur les flancs au lieu d’être protégées par un opercule.
Des records époustouflants
Les poissons de mer détiennent des records incroyables dans le monde animal.
Le requin-baleine, avec ses 12 à 18 mètres, est le plus grand poisson du monde, mais il ne mange que du plancton. Le plus petit poisson (et le plus petit vertébré) est le Paedocypris progenetica, un poisson transparent d’Indonésie qui mesure à peine 7,9 millimètres. Le voilier de l’Atlantique est le plus rapide (110 km/h). Le poisson-lune est le plus lourd poisson osseux (plus de 2 tonnes). Le cœlacanthe est le plus ancien : on le croyait disparu depuis 65 millions d’années avec les dinosaures, avant qu’un pêcheur sud-africain n’en capture un bien vivant en 1938 !

Certains poissons sont aussi de grands voyageurs. Le saumon, né en eau douce, descend vers l’océan, y passe plusieurs années, puis retrouve la rivière exacte où il est né pour s’y reproduire, guidé par son odorat extraordinaire. L’anguille européenne fait le voyage inverse : née dans la mer des Sargasses (au milieu de l’Atlantique), elle traverse l’océan pour grandir dans les rivières d’Europe, avant de refaire le trajet en sens inverse pour pondre et mourir.
Protéger les poissons de mer
Les poissons de mer font face à des menaces croissantes. La surpêche a fait chuter les populations de nombreuses espèces comme le thon rouge, la morue et le mérou. La pollution plastique est avalée par les poissons qui la confondent avec du plancton. Le réchauffement des océans perturbe les migrations et détruit les récifs coralliens qui abritent un quart des espèces marines.
Chacun peut agir pour les protéger : choisir du poisson issu de la pêche responsable (regardez les labels sur les emballages), ne jamais jeter de déchet dans la nature, et continuer à s’émerveiller devant ces animaux extraordinaires. Car on protège mieux ce que l’on connaît.
Observer les poissons avec les figurines
Pour reconnaître les poissons de mer, les comparer et comprendre leurs différences, les figurines réalistes sont un outil formidable. Le tube de poissons pélagiques Safari Ltd rassemble 10 espèces de haute mer, de l’espadon au requin-baleine. Le set du récif corallien Safari Ltd propose 8 figurines des habitants du récif, dont le poisson-clown, le chirurgien bleu, l’hippocampe et la murène. Et pour explorer toute la diversité marine, découvrez le rayon complet des figurines de poissons tropicaux.
Questions fréquentes sur les poissons de mer
Combien d’espèces de poissons de mer existe-t-il ?
Les scientifiques ont identifié plus de 30 000 espèces de poissons, dont environ 18 000 vivent en eau de mer. De nouvelles espèces sont découvertes chaque année.
Comment les poissons respirent-ils sous l’eau ?
Les poissons respirent grâce à leurs branchies, qui filtrent l’oxygène dissous dans l’eau. L’eau entre par la bouche, passe sur les branchies, et ressort par les ouïes. Ce système est si performant qu’il extrait jusqu’à 80 % de l’oxygène disponible.
Quel est le plus gros poisson de mer ?
Le requin-baleine est le plus grand poisson du monde (jusqu’à 18 mètres). Parmi les poissons osseux, le record revient au poisson-lune, qui peut peser plus de 2 tonnes.
Les poissons de mer font-ils du bruit ?
Oui ! Des centaines d’espèces produisent des sons en faisant vibrer leur vessie natatoire ou en frottant certains os. Le grondin grogne, le tambour bat du rythme, et le midshipman chante toute la nuit pour séduire les femelles.
Pourquoi les poissons tropicaux sont-ils si colorés ?
Leurs couleurs servent à se reconnaître entre espèces, à avertir les prédateurs d’un danger, à séduire un partenaire ou à se camoufler dans l’environnement coloré du récif corallien.
Pourquoi le poisson-clown ne se fait-il pas piquer par l’anémone ?
Le poisson-clown produit un mucus protecteur sur sa peau qui neutralise le venin. En échange de cet abri, il nettoie l’anémone et lui apporte de la nourriture. C’est une symbiose.
Pour aller plus loin
Le monde des poissons de mer est si vaste qu’on pourrait y consacrer des centaines de livres. Pour continuer votre exploration, plongez dans nos articles dédiés au poisson-clown, à l’hippocampe et au requin-baleine.
Et pour découvrir les autres grandes familles d’animaux marins, explorez nos guides sur les mammifères marins, les requins, les mollusques marins, les crustacés, les reptiles marins, les méduses et coraux et les échinodermes.