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Méduses et coraux : les étonnants cnidaires de l’océan

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Imaginez un animal sans cerveau, sans cœur, sans sang, composé à 95 % d’eau, et pourtant capable de tuer un être humain en moins de trois minutes. Imaginez maintenant un autre animal, minuscule, qui construit avec ses milliards de semblables le plus grand édifice vivant de la planète, visible depuis l’espace. La méduse et le corail semblent n’avoir rien en commun, et pourtant ils appartiennent à la même famille : les cnidaires. Ces animaux extraordinaires, apparus il y a plus de 600 millions d’années, comptent parmi les créatures les plus anciennes, les plus belles et les plus surprenantes de l’océan.

Des méduses bioluminescentes des abysses aux récifs coralliens grouillants de vie, en passant par les anémones de mer qui accueillent le célèbre poisson-clown, les cnidaires sont partout dans l’océan. Découvrez ces animaux marins qui défient notre définition même de ce qu’est un animal.

 

Qu’est-ce qu’un cnidaire ?

corail gros plan

Le mot cnidaire vient du grec knidé, qui signifie ortie. Et pour cause : tous les cnidaires possèdent des cellules urticantes appelées cnidocytes, de minuscules capsules sous pression qui explosent au contact d’une proie ou d’un intrus, injectant un venin par un filament microscopique. C’est le mécanisme le plus rapide du règne animal : le harpon se déploie en moins de trois millionièmes de seconde, soit plus vite qu’une balle de fusil.

Les cnidaires se présentent sous deux formes principales. La forme polype est un tube fixé au fond, avec la bouche tournée vers le haut et entourée de tentacules (comme le corail et l’anémone).

La forme méduse est une cloche nageant en pleine eau, avec la bouche tournée vers le bas et des tentacules flottants. Certains cnidaires alternent entre les deux formes au cours de leur vie, commençant comme polype fixé avant de libérer de petites méduses. Tous sont des carnivores qui capturent leurs proies avec leurs tentacules urticants.

Les méduses : des fantômes de cristal

Méduse à crinière de lion géante avec ses tentacules rouges et orange déployés

 

Les méduses peuplent les océans depuis plus de 500 millions d’années, ce qui en fait l’un des plus anciens groupes d’animaux de la planète. Elles étaient là bien avant les premiers poissons, bien avant les dinosaures, et elles sont toujours là.

Leur anatomie est d’une simplicité radicale : pas de cerveau, pas de cœur, pas de sang, pas de poumons, pas d’os. Leur corps, composé à 95 % d’eau, est constitué d’une ombrelle (la cloche) et de tentacules. Un réseau nerveux diffus, sans centre de commande, leur permet de réagir à la lumière, à la gravité et au toucher. Les nutriments et l’oxygène circulent par simple diffusion à travers les tissus.

Malgré cette apparente simplicité, les méduses sont des prédatrices redoutablement efficaces. Leurs tentacules forment un rideau de cellules urticantes que les proies (petits poissons, larves, crevettes, plancton) ne peuvent éviter. Les nématocystes se déchargent automatiquement au contact, paralysant la proie en une fraction de seconde, puis les tentacules la ramènent vers la bouche, qui est aussi l’orifice d’évacuation des déchets.

Des méduses record

La méduse à crinière de lion (Cyanea capillata) est la plus grande méduse du monde. Son ombrelle peut atteindre 2,3 mètres de diamètre, et ses tentacules se déploient sur plus de 37 mètres, soit plus long qu’une baleine bleue. Elle vit dans les eaux froides de l’Arctique et de l’Atlantique Nord, où elle dérive en essaims parfois gigantesques.

La méduse à crinière de lion (Cyanea capillata)
La méduse à crinière de lion (Cyanea capillata).

La cuboméduse Chironex fleckeri, ou guêpe de mer australienne, est considérée comme l’animal le plus venimeux de la planète. Ses tentacules, qui peuvent mesurer 3 mètres, sont couverts de milliards de nématocystes dont le venin attaque simultanément le cœur, le système nerveux et la peau. Une piqûre grave peut provoquer un arrêt cardiaque en moins de trois minutes. Contrairement aux autres méduses, les cuboméduses possèdent 24 yeux (dont 4 dotés de cornée, de cristallin et de rétine) et sont capables de nager activement, de contourner des obstacles et même de chasser.

La cuboméduse Chironex fleckeri
La cuboméduse Chironex fleckeri.

La méduse immortelle (Turritopsis dohrnii), pas plus grande qu’un ongle, détient le secret le plus convoité de la biologie. Lorsqu’elle est stressée, blessée ou vieillissante, elle peut inverser son cycle de vie et redevenir un polype juvénile, puis repousser en méduse adulte. Ce processus extraordinaire, appelé transdifférenciation (ses cellules adultes se reprogramment en cellules souches), peut théoriquement se répéter à l’infini. Les scientifiques étudient activement ce mécanisme dans l’espoir de comprendre le vieillissement humain.

La méduse immortelle (Turritopsis dohrnii)
La méduse immortelle (Turritopsis dohrnii).

L’irukandji (Carukia barnesi), pas plus grosse qu’un dé à coudre, provoque un syndrome qui porte son nom : douleurs intenses, nausées, sensation de mort imminente, et dans les cas graves, hémorragie cérébrale. Sa taille minuscule la rend quasiment invisible dans l’eau.

Méduse irukandji (Carukia barnesi),
Méduse irukandji (Carukia barnesi),

La figurine de la méduse Safari Ltd restitue la grâce de ces créatures avec ses tentacules finement détaillés.

Les proliférations de méduses

Depuis les années 2000, les scientifiques observent une multiplication des « blooms » de méduses dans de nombreuses régions du monde. En mer Méditerranée, en mer du Japon, le long des côtes australiennes, des essaims de millions d’individus envahissent périodiquement les zones côtières, obstruant les filets de pêche, colmatant les systèmes de refroidissement des centrales nucléaires et blessant des milliers de baigneurs.

Prolifération de méduses, bloom

Plusieurs facteurs humains favorisent ces proliférations : la surpêche élimine les concurrents alimentaires des méduses et leurs prédateurs (thons, tortues luth, poissons-lunes). Le réchauffement des eaux allonge leur saison de reproduction. L’eutrophisation (excès de nutriments provenant de l’agriculture) stimule la croissance du plancton dont elles se nourrissent. Et les structures artificielles (quais, plateformes pétrolières, éoliennes en mer) offrent des surfaces d’accroche idéales pour les polypes qui produisent de nouvelles méduses.

Les méduses jouent pourtant un rôle écologique important : elles nourrissent les tortues marines et les poissons-lunes, transportent des nutriments entre la surface et les profondeurs, et servent de refuge à de jeunes poissons qui s’abritent sous leur ombrelle.

Les coraux : des animaux qui bâtissent des mondes

Poissons tropicaux

 

Les coraux ressemblent à des rochers colorés ou à des plantes sous-marines, mais ce sont bien des animaux. Chaque « branche » de corail est en réalité une colonie de milliers, parfois de millions de minuscules polypes, chacun mesurant quelques millimètres.

Ces polypes sont de petits tubes surmontés de tentacules urticants, comme des mini-anémones de mer. La nuit, ils déploient leurs tentacules pour capturer le plancton. Le jour, ils se rétractent dans leur squelette calcaire.

Car c’est là le génie des coraux constructeurs (les scléractiniaires) : chaque polype sécrète un exosquelette de carbonate de calcium, une sorte de petite coupe de pierre dans laquelle il vit.

Corail

Génération après génération, ces squelettes s’empilent et forment les récifs coralliens, les plus grands édifices jamais construits par des êtres vivants. La Grande Barrière de Corail d’Australie s’étend sur 2 300 kilomètres et est visible depuis l’espace. Elle a été construite sur des milliers d’années par des animaux de quelques millimètres.

Grande Barrière de corail, Australie. Vue du ciel
Grande Barrière de Corail, Australie.

Le secret de la productivité des coraux réside dans une alliance extraordinaire. Dans les tissus de chaque polype vivent des millions de micro-algues appelées zooxanthelles. Ces algues réalisent la photosynthèse et fournissent jusqu’à 90 % de l’énergie du corail sous forme de sucres.

Corail gros plan algues

En échange, le corail offre un abri protégé et les nutriments (CO2, azote, phosphore) dont les algues ont besoin. C’est cette symbiose qui permet aux coraux de prospérer dans des eaux tropicales paradoxalement très pauvres en nutriments. Ce sont aussi les zooxanthelles qui donnent aux coraux leurs couleurs spectaculaires : brun, vert, violet, orange.

Les récifs coralliens : les forêts tropicales de l’océan

Les récifs coralliens ne couvrent que 0,1 % de la surface des océans, mais ils abritent environ 25 % de toutes les espèces marines connues. On distingue trois grands types de récifs : les récifs frangeants, qui bordent directement les côtes, les récifs-barrières, séparés de la terre par un lagon (comme la Grande Barrière de Corail), et les atolls, des anneaux de corail entourant un lagon central, vestiges d’anciennes îles volcaniques englouties. Un seul récif peut héberger plus de 1 000 espèces de poissons, des centaines d’espèces de mollusques, de crustacés et d’échinodermes, ainsi que des requins, des tortues marines et des mammifères marins. C’est pourquoi on les appelle souvent les « forêts tropicales de l’océan ».

corail boule

Les récifs fournissent aussi des services vitaux aux humains. Ils protègent les côtes contre les tempêtes et l’érosion en absorbant jusqu’à 97 % de l’énergie des vagues. Ils nourrissent directement plus de 500 millions de personnes qui dépendent de la pêche récifale. Et la pharmacie marine recèle des trésors : des molécules issues des coraux et des éponges récifales sont utilisées dans le traitement de cancers, d’infections et de douleurs chroniques. Le tube minis récif de corail Safari Ltd permet de reconstituer cet écosystème foisonnant avec ses habitants emblématiques.

Les anémones de mer : les fleurs carnivores

Poisson-clown orange et blanc niché dans les tentacules d'une anémone de mer

 

Les anémones de mer sont des polypes solitaires, souvent spectaculaires, qui ressemblent à des fleurs sous-marines. Leur disque oral, entouré de rangées de tentacules colorés, peut mesurer de quelques centimètres à plus d’un mètre de diamètre chez les plus grandes espèces. Fixées aux rochers par un pied adhésif, elles sont pourtant capables de se déplacer très lentement (quelques centimètres par heure) lorsqu’elles cherchent un meilleur emplacement.

La symbiose entre l’anémone et le poisson-clown est l’une des plus célèbres du monde animal. L’anémone offre au poisson-clown une protection redoutable contre les prédateurs grâce à ses tentacules urticants. En échange, le poisson-clown défend l’anémone contre les poissons-papillons qui grignotent ses tentacules, lui apporte des restes de nourriture, et ses mouvements améliorent la circulation d’eau oxygénée autour de l’anémone. Le poisson-clown se protège des piqûres grâce à une couche de mucus spécial qui empêche les nématocystes de se déclencher. Il acquiert cette protection progressivement en se frottant délicatement contre les tentacules.

Certaines anémones vivent en symbiose avec d’autres animaux. Le bernard-l’ermite transporte parfois une anémone sur sa coquille, bénéficiant de sa protection urticante en échange du transport et des restes de repas. Quand le bernard-l’ermite change de coquille, il décolle soigneusement son anémone pour la réinstaller sur sa nouvelle demeure.

La bioluminescence des cnidaires

Aequorea victoria meduse

De nombreux cnidaires produisent leur propre lumière, un phénomène appelé bioluminescence. Les méduses des profondeurs émettent des flashs lumineux bleus ou verts pour effrayer les prédateurs, attirer les proies, ou communiquer. La méduse cristal (Aequorea victoria) est à l’origine d’une révolution scientifique : c’est d’elle que les chercheurs ont extrait la protéine fluorescente verte (GFP), aujourd’hui utilisée dans des milliers de laboratoires du monde entier pour rendre des cellules et des protéines visibles au microscope. Cette découverte a valu le prix Nobel de chimie en 2008 à Osamu Shimomura, Martin Chalfie et Roger Tsien.

Certains coraux des profondeurs sont eux aussi fluorescents, émettant des couleurs vives sous la lumière ultraviolette. Les scientifiques pensent que cette fluorescence protège les polypes contre les rayons UV nocifs ou attire le plancton dont ils se nourrissent.

Le blanchissement des coraux : une crise mondiale

Corail montrant le contraste entre une partie saine et colorée et une partie blanchie

 

Lorsque la température de l’eau augmente de seulement 1 à 2 degrés au-dessus de la normale pendant plusieurs semaines, les coraux stressés expulsent leurs zooxanthelles. Sans ces algues, le corail perd sa couleur (d’où le terme « blanchissement ») et surtout sa principale source d’énergie. Si les conditions normales reviennent rapidement, le corail peut récupérer ses algues et survivre. Mais si le stress thermique persiste, le corail meurt de faim.

Les épisodes de blanchissement massif se multiplient avec le réchauffement climatique. En 2016-2017, la Grande Barrière de Corail a perdu environ la moitié de ses coraux lors d’un événement de blanchissement sans précédent. L’acidification des océans (causée par l’absorption du CO2 atmosphérique) aggrave la situation en rendant la construction du squelette calcaire plus difficile pour les coraux. Les scientifiques estiment que si le réchauffement dépasse 1,5 °C, 70 à 90 % des récifs coralliens tropicaux pourraient disparaître.

Observer les cnidaires avec les figurines

Méduse Safari
Méduse Safari Ltd 265529

Pour découvrir la beauté des cnidaires, les figurines réalistes sont un excellent support. La figurine de la méduse Safari Ltd, avec ses tentacules finement sculptés, capture la grâce de ces créatures translucides. Le set minis récif de corail Safari Ltd reconstitue un écosystème complet avec poisson-clown, anémone, hippocampe et corail. Retrouvez toutes les figurines marines sur la page des crustacés, mollusques et invertébrés.

Questions fréquentes sur les méduses et les coraux

Les méduses ont-elles un cerveau ?

Non. Elles n’ont ni cerveau, ni cœur, ni sang. Un réseau nerveux diffus leur permet de réagir à la lumière, à la gravité et au toucher, mais sans centre de commande.

Existe-t-il une méduse immortelle ?

Oui. Turritopsis dohrnii peut inverser son cycle de vie et redevenir un polype juvénile lorsqu’elle est stressée ou âgée, puis repousser en méduse. Ce processus peut théoriquement se répéter indéfiniment.

Pourquoi les coraux blanchissent-ils ?

Le réchauffement de l’eau (même de 1 à 2 degrés) pousse les coraux à expulser les micro-algues (zooxanthelles) qui leur donnent couleur et énergie. Sans ces algues, le corail blanchit et peut mourir.

Les coraux sont-ils des animaux ou des plantes ?

Ce sont des animaux, composés de milliers de minuscules polypes apparentés aux méduses et aux anémones. Ils ressemblent à des plantes car ils sont fixés et hébergent des algues photosynthétiques dans leurs tissus.

Quelle est la méduse la plus dangereuse ?

La cuboméduse Chironex fleckeri, ou guêpe de mer, est considérée comme l’animal le plus venimeux de la planète. Son venin peut provoquer un arrêt cardiaque en moins de trois minutes.

Pourquoi le poisson-clown n’est-il pas piqué par l’anémone ?

Il se protège grâce à une couche de mucus spécial recouvrant ses écailles, qui empêche les cellules urticantes de l’anémone de se déclencher. Il acquiert cette protection progressivement en se frottant délicatement contre les tentacules.

Pour aller plus loin

Les cnidaires entretiennent des liens étroits avec tous les autres habitants de l’océan. Pour approfondir, explorez nos articles sur les poissons de mer qui peuplent les récifs, les requins qui en sont les gardiens, et les tortues marines qui s’y nourrissent.

Pour poursuivre votre découverte des animaux marins, plongez dans nos guides sur les mammifères marins, les mollusques, les crustacés, les échinodermes, les reptiles marins et les animaux des abysses.

Découvrez toutes les figurines d’invertébrés marins

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