Cette nouvelle série part d’encore plus loin qu’on ne l’imaginait initialement. La narration remonte à environ 235 millions d’années, sur la Pangée, continent unique alors soumis à une chaleur extrême. C’est là qu’apparaît Marasuchus, une petite créature agile dotée de poumons performants, d’os légers et d’un métabolisme avancé : l’un des ancêtres directs des dinosaures. À partir de lui, Les Dinosaures déroule une fresque chronologique couvrant près de 165 millions d’années d’évolution, du Trias supérieur jusqu’à la catastrophe du Crétacé terminal.
Un projet d’envergure aux racines prestigieuses
L’annonce officielle est tombée en juin 2024 : Silverback Films, en association avec Amblin Documentaries, produira une série documentaire de quatre épisodes entièrement consacrée aux Dinosauria. Ce studio britannique n’est pas un inconnu du genre, à son actif, des productions monumentales comme Planet Earth, Frozen Planet ou encore Our Planet, toutes saluées pour leur excellence cinématographique et leur rigueur scientifique.
Le projet bénéficie d’une équipe technique exceptionnelle. Nick Shoolingin-Jordan assurera la réalisation, tandis que Dan Tapster reprendra son rôle de showrunner après avoir orchestré la première saison de Life on Our Planet. La narration sera assurée par Morgan Freeman, dont la voix grave et envoûtante avait déjà captivé des millions de téléspectateurs. Lorne Balfe, compositeur récompensé d’un Grammy, signera la bande originale. Quant aux effets visuels, ils seront confiés aux magiciens d’Industrial Light & Magic (ILM), ces artistes qui avaient ressuscité avec un réalisme saisissant les créatures disparues de la première série.
Steven Spielberg reste aux commandes en tant que producteur exécutif, aux côtés de Keith Scholey, Darryl Frank et Justin Falvey. Précisons toutefois un point crucial pour éviter toute confusion : Spielberg n’endossera pas le costume de réalisateur. Son implication demeure celle d’un superviseur stratégique via sa société Amblin, qui apporte son expertise et sa vision globale au projet. La réalisation proprement dite appartient à Nick Shoolingin-Jordan.
235 millions d’années à l’écran : des origines à l’extinction
Cette nouvelle série part d’encore plus loin qu’on ne l’imaginait initialement. La narration remonte à environ 235 millions d’années, sur la Pangée, continent unique alors soumis à une chaleur extrême. C’est là qu’apparaît Marasuchus, une petite créature agile dotée de poumons performants, d’os légers et d’un métabolisme avancé : l’un des ancêtres directs des dinosaures. À partir de lui, Les Dinosaures déroule une fresque chronologique couvrant près de 165 millions d’années d’évolution, du Trias supérieur jusqu’à la catastrophe du Crétacé terminal.
Le défi est de taille : condenser près de deux cents millions d’années d’histoire naturelle en quatre épisodes tout en maintenant la précision scientifique qui fit la réputation de Silverback Films. Pour la première saison de Life on Our Planet, pas moins de 165 paléontologues et spécialistes des sciences de la Terre avaient été consultés afin de garantir la véracité des reconstitutions. On peut raisonnablement s’attendre à une rigueur identique pour cette nouvelle production.
Dan Tapster a d’ailleurs exprimé son enthousiasme dans les termes suivants : cette série immergera les spectateurs dans l’univers majestueux des dinosaures avec un niveau de détail sans précédent, capturant la grandeur et le drame de leurs existences. L’ambition affichée est claire, offrir non pas un simple divertissement éducatif, mais une expérience visuelle et narrative qui rende justice à la complexité de ces dynasties disparues.
Le parti pris narratif est celui de la logique évolutive, pas du catalogue de créatures spectaculaires. Chaque épisode suit les grandes bascules : comment ces animaux ont conquis tous les milieux terrestres et aquatiques, comment ils se sont adaptés à des bouleversements géologiques constants, et comment les pressions naturelles ont sculpté leur diversification explosive.
Les espèces au programme : entre icônes et découvertes méconnues
La série confirme la présence d’espèces emblématiques : Tyrannosaurus rex, Stegosaurus, Mamenchisaurus, Plateosaurus, Allosaurus, Ankylosaure. Mais elle met aussi en lumière des animaux rarement représentés dans les productions grand public.
Côté milieux aquatiques et semi-aquatiques : Spinosaurus, Mosasaurus et Pliosaurus, qui rappellent que les eaux du Mésozoïque n’étaient pas plus clémentes que les terres. Côté origine des oiseaux : Anchiornis et Longipteryx, deux dinosaures à plumes qui éclairent l’une des grandes transitions évolutives de l’histoire du vivant. Ce n’est pas un détail : rappeler que les oiseaux actuels sont des dinosaures, et non leurs lointains cousins, c’est l’un des glissements les plus importants de la paléontologie moderne, que la série semble vouloir assumer pleinement.
Ce déséquilibre délibéré entre icônes connues et espèces moins médiatisées donne à Les Dinosaures une profondeur narrative que n’ont pas les documentaires qui jouent uniquement sur la reconnaissance du grand public.
Spielberg et les dinosaures : une histoire qui perdure
La présence de Steven Spielberg dans ce projet n’est évidemment pas anodine. Le réalisateur a marqué l’imaginaire collectif avec la franchise Jurassic Park, qui a transformé à jamais notre perception des dinosaures au cinéma. Mais là où Jurassic Park relevait de la fiction spectaculaire, ce nouveau documentaire s’inscrit dans une tout autre démarche : celle de la vulgarisation scientifique rigoureuse, nourrie par les dernières découvertes paléontologiques.
La collaboration entre Silverback et Amblin n’en est pas à ses débuts. Les deux entités avaient déjà uni leurs forces pour Life on Our Planet, série qui avait nécessité six années de production, mobilisée plus de 440 personnes et couvert les huit derniers milliards d’années de l’histoire de la vie sur Terre. Le succès public et critique de cette première série a naturellement ouvert la voie à cette nouvelle itération, plus ciblée, plus approfondie.
Le succès public et critique de cette première série a naturellement ouvert la voie à cette nouvelle itération, plus ciblée, plus approfondie. Et les déclarations enthousiastes de Darryl Frank et Justin Falvey sur le renouvellement du partenariat avec Silverback, Netflix et ILM trouvent aujourd’hui leur concrétisation sur la plateforme.
Les Dinosaures sur Netflix : disponible maintenant
Le titre officiel de la série, longtemps évoqué sous la forme anglaise The Dinosaurs, a été confirmé en janvier 2026 : Les Dinosaures en version française. La bande-annonce officielle est sortie le 5 février 2026 et a immédiatement suscité un engouement massif, dépassant les onze millions de vues en quelques jours seulement. Un signal fort sur l’appétit du public pour ce type de production.
Les quatre épisodes sont disponibles sur Netflix depuis le 6 mars 2026, en mise en ligne globale simultanée. Le format mini-série, calibré pour être regardé sans s’étaler sur plusieurs semaines, est un choix assumé : assez court pour se dévorer, assez ambitieux pour ne pas se réduire à un cours d’histoire naturelle illustré.
Cette série arrive dans un contexte paléontologique particulièrement fertile. Les découvertes se sont accélérées ces dernières années : nouvelles espèces décrites régulièrement, révisions profondes sur le métabolisme des dinosaures (de plus en plus considérés comme endothermes), théories sur leurs comportements sociaux et sur les couleurs de leur plumage. Silverback Films et Amblin Entertainment avaient devant eux une matière scientifique incomparablement plus riche qu’à l’époque de Jurassic Park. Le pari est de la mettre en images avec la même rigueur que celle qui avait mobilisé 165 paléontologues pour La Vie sur notre planète.
À l’échelle de 235 millions d’années d’histoire du vivant, même une soirée devant Netflix ressemble à un battement de cils. C’est précisément ce vertige-là que Les Dinosaures promet de remettre au centre.