Les êtres vivants qui peuplent notre planète sont classés en 6 grands groupes appelés “royaumes” par les scientifiques. Ces royaumes rassemblent des organismes qui partagent des caractéristiques cellulaires et biochimiques communes. Faisons un tour d’horizon de ces 6 royaumes constituant l’arbre du vivant.
1. Les Bactéries (Bacteria)
Les bactéries (Bacteria) sont des organismes unicellulaires procaryotes, c’est-à-dire dépourvus de noyau ou d’organites intracellulaires délimités par des membranes. Le matériel génétique des bactéries est contenu dans le cytoplasme sous forme d’un unique chromosome bactérien circulaire.
La majorité des bactéries ont une forme sphérique (cocci), en bâtonnets (bacilles) ou spiralée. Leur taille varie généralement entre 0,5 μm et 5 μm. Certaines cependant peuvent atteindre des tailles extrêmes comme le bacille Thiomargarita namibiensis mesurant 750 μm.

Les bactéries se multiplient par simple division cellulaire et peuvent ainsi se reproduire très rapidement dans des conditions favorables. Ce taux de multiplication élevé et leur unicellularité leur confèrent une grande capacité d’adaptation et d’évolution face aux changements environnementaux.
On estime qu’il existerait un nombre total d’espèces bactériennes compris entre 107 et 109, dont seule une petite fraction a été décrite scientifiquement.
Les bactéries jouent un rôle crucial dans de nombreux processus écologiques, y compris le cycle de l’azote et la décomposition de la matière organique.
2. Les Archées (Archaea)
Les archées (Archaea) sont également des organismes unicellulaires procaryotes (sans noyau ni organites délimités). Cependant, à la différence des bactéries, les archées possèdent un certain nombre de caractéristiques biochimiques uniques qui les rapprochent plus des eucaryotes.
Par exemple, leur ADN est associé à des protéines de structure semblables aux histones des eucaryotes. De plus, leur machinerie de réplication, transcription et traduction présente des similitudes avec celle des eucaryotes. Les archées ont ainsi acquis le statut de troisième domaine du Vivant au même titre que les bactéries et les eucaryotes.

Les archées sont des organismes anaérobies qui survivent dans des milieux extrêmes comme les sources hydrothermales, les lacs salés, les sous-sols ou le tractus digestif des animaux. Cette capacité de vie dans des environnements hostiles est liée à des adaptations biochimiques exceptionnelles.
Les archées comptent aujourd’hui une cinquantaine de genres différents, mais le nombre total d’espèces d’archées pourrait s’élever jusqu’à 105 selon les estimations actuelles.
Bien que les archées soient souvent associées à des environnements extrêmes, elles sont également présentes dans des habitats plus modérés, y compris les sols et les océans.
3. Les Protistes (Protista)
Le royaume des protistes (Protista) regroupe des organismes eucaryotes unicellulaires, c’est-à-dire des cellules avec un noyau délimité contenant le matériel génétique sous forme de plusieurs chromosomes. Ils possèdent également des organites intracellulaires comme les mitochondries et pour certains des chloroplastes.
Le groupe des protistes est hautement diversifié avec plus de 200 000 espèces décrites actuellement. On y retrouve :
- Des protozoaires hétérotrophes mobiles comme les amibes ou les sporozoaires parasites responsables du paludisme.
- Des algues photosynthétiques unicellulaires abondantes en milieu aquatique telles que les euglènes et les diatomées.
- Des champignons unicellulaires aquatiques ou marins.

Bien que microscopiques, les protistes jouent des rôles écologiques primordiaux. En tant que producteurs primaires dans de nombreux écosystèmes, mais aussi comme agents pathogènes des plantes, animaux et de l’Homme, ou encore dans les cycles biogéochimiques.
Il est important de noter que le royaume des Protistes est souvent considéré comme un groupe paraphylétique, ce qui signifie qu’il ne comprend pas tous les descendants d’un ancêtre commun.
4. Les Champignons (Fungi)
Le règne des champignons ou mycètes (Fungi) comprend des organismes eucaryotes, hétérotrophes et non mobiles le plus souvent multicellulaires. Ils regroupent les levures, les moisissures et les « champignons » au sens habituel du terme.
Leur structure cellulaire contient de la chitine qui confère rigidité et protection, ainsi que des parois épaisses autour des cellules de structure. Contrairement aux végétaux, ils ne réalisent pas la photosynthèse et doivent donc absorber des nutriments préformés dans leur environnement.

La majorité des espèces fongiques occupent des habitats terrestres. Ce sont d’importants décomposeurs/recycleurs qui minéralisent la matière organique morte (saprophytes) ou établissent des interactions mutualistes avec des plantes ou des algues pour former des lichens ou des mycorhizes.
Le nombre d’espèces fongiques connues est estimé entre 2,2 à 3,8 millions, mais seule une infime fraction a été formellement décrite (environ 120 000). Ce qui fait de ce royaume un des groupes d’organismes les plus diversifiés sur Terre, mais aussi l’un des plus méconnus.
5. Les Plantes (Plantae)
Les plantes terrestres ou embryophytes (Plantae) comptent parmi les organismes eucaryotes multicellulaires les plus familiers et reconnaissables. Elles regroupent les algues, les bryophytes (mousses et hépatiques), les fougères ainsi que l’ensemble des plantes à graines ou spermaphytes.
Leur structure cellulaire comporte des chloroplastes contenant de la chlorophylle qui leur confère leur capacité à réaliser la photosynthèse. De plus, leurs tissus comprennent très majoritairement de la cellulose qui leur apporte rigidité et solidité.

Bien que généralement fixées, les plantes présentent un large éventail de taille et de forme, allant des extrêmes comme le séquoia géant (>100 m de haut) à la petite lentille d’eau de quelques millimètres.
Grâce à la photosynthèse, les plantes constituent les principaux producteurs primaires des écosystèmes terrestres. Elles libèrent le dioxygène que nous respirons et nourrissent la faune herbivore en amont des chaînes alimentaires.
Il est important de préciser que les algues vertes sont souvent classées dans un royaume distinct, les Viridiplantae, qui partagent un ancêtre commun avec les embryophytes.
6. Les Animaux (Animalia)
Le royaume animal (Animalia) constitue le 6e règne des êtres vivants. Il englobe l’ensemble des organismes eucaryotes, multicellulaires et hétérotrophes. Ils comprennent tous les animaux au sens commun du terme, des éponges aux vertébrés en passant par les insectes, mollusques et autres invertébrés.
À la différence des autres règnes multicellulaires (plantes et champignons), les cellules animales ne possèdent généralement pas de paroi cellulosique ou chitineuse. Cela leur confère une plus grande plasticité et motilité.

Contrairement aux végétaux qui capturent l’énergie lumineuse, les animaux doivent se nourrir en consommant d’autres organismes. Pour ce faire, ils présentent de nombreuses adaptations comme les dents, becs, tentacules et autres dispositifs d’acquisition de nourriture.
Le nombre total d’espèces animales est absolument titanesque, estimé à plus de 8 millions dont 1,2 million déjà répertoriées.
Un arbre du vivant en constante évolution
Au sein de ces 6 royaumes du vivant et leurs innombrables espèces, des liens de parenté étroits se tissent. Formant ainsi un arbre complexe aux nombreuses ramifications qu’est l’arbre phylogénétique du vivant.
Ce vaste arbre est en constante évolution face aux nouvelles découvertes et analyses scientifiques. Les classifications et liens de parenté entre espèces et entre royaumes sont continuellement mis à jour et affinés au fil des avancées dans les domaines de la biologie moléculaire et de la phylogénie.
En résumé, les 6 royaumes du vivant nous offrent un instantané de l’immense diversité biologique de notre planète. Mais beaucoup restent encore à appréhender, décrire et comprendre sur le fonctionnement intime de ces organismes qui peuplent nos écosystèmes depuis des milliards d’années.
Avec les progrès de la génomique et de la biologie moléculaire, la compréhension de l’arbre du vivant continue d’évoluer, révélant des relations plus complexes et parfois surprenantes entre les différents groupes d’organismes.
Évolution de la Classification du Vivant : Défis et Perspectives avec les Avancées en Phylogénomique
Cependant, avec les avancées récentes dans le séquençage de génomes et les analyses phylogénétiques, certains scientifiques proposent des modifications à cette classification traditionnelle en 6 royaumes :
- L’arrivée de nouvelles données génomiques remet en question le caractère monophylétique du groupe des « protistes ». Certains groupes pourraient être plus apparentés aux champignons, plantes ou animaux.
- Le séquençage d’espèces considérées comme « primitives » ou « intermédiaires » brouille la frontière entre certains royaumes, notamment animaux/champignons et animaux/protistes.
- La découverte des virus géants et autres formes parasitaires complexes soulève la question de leur classification dans cet arbre du vivant. Faut-il en faire des royaumes à part ?
- L’intégration des archées dans un schéma à 3 domaines (Bacteria, Archaea, Eucarya) est parfois proposée, mais la classification à 6 royaumes reste très utilisée.
Découvrez le cycle de vie de la grenouille avec nos figurines ludiques
Donc en résumé, le modèle à 6 royaumes n’est pas obsolète et fait encore autorité aujourd’hui. Mais il pourrait être amené à évoluer à la lumière des recherches en phylogénomique et sur la diversité microbienne. La classification du vivant demeure un exercice complexe !
Très intéressant.