Zoodex — Explorer le monde animalChauves-souris : nos alliées invisibles contre les nuisibles

Chauves-souris : nos alliées invisibles contre les nuisibles

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On les voit peu et on les entend rarement, pourtant leur action est quotidienne : beaucoup d’espèces de chauves-souris sont insectivores et consomment des milliers d’insectes par nuit. Cette prédation naturelle concerne des moustiques en ville mais aussi des ravageurs de cultures à la campagne. Comprendre ce rôle aide à mieux cohabiter avec elles et à prendre de bonnes décisions d’éclairage, de jardinage ou d’aménagement.

Pourquoi leur prédation compte-t-elle ?

Une chauve-souris combine vol agile et écholocation pour repérer des proies parfois millimétriques. La chasse a lieu surtout au crépuscule et en début de nuit, le long des haies, des lisières, des rivières ou au-dessus des plans d’eau où les insectes s’agrègent. L’effet est double : diminution des insectes gênants pour l’humain et réduction de la pression sur certaines cultures quand les proies sont des ravageurs (teignes, noctuelles, cicadelles, charançons, etc.).

En ville : confort d’été et équilibre discret

Dans les parcs, les jardins et le long des berges, la présence d’eau, de haies et d’arbres attire les insectes… et donc leurs prédateurs. Les pipistrelles, par exemple, patrouillent en hauteur puis rasent les lisières. Sans promettre un « zéro moustique », leur activité contribue à limiter certaines pullulations. L’éclairage public influence fortement ces trajets : un faisceau froid et intense peut couper un couloir de vol, alors qu’une lumière orientée vers le bas, de teinte ambrée et limitée dans le temps, maintient la circulation des animaux.

À la campagne : un service utile pour les cultures

D’innombrables insectes nocturnes se nourrissent de feuilles, de fruits, d’épis ou pondent sur les cultures. En interceptant les adultes en vol, les chauves-souris cassent une partie du cycle : moins d’adultes, moins de pontes. L’effet s’ajoute à d’autres leviers (auxiliaires diurnes, rotations, seuils d’intervention). Plusieurs colonies importantes se trouvent à proximité de zones agricoles ou de grottes/ouvrages qui leur servent de gîtes estivaux.

Quelles espèces sont concernées ?

La majorité des espèces européennes sont insectivores. Parmi les repères fréquents : Pipistrellus pipistrellus (pipistrelle commune), Myotis myotis (grand murin), Rhinolophus ferrumequinum (grand rhinolophe). Hors Europe, des free-tailed comme Tadarida brasiliensis forment de très grandes colonies. Les proies ciblées varient selon l’espèce, la saison et le site (diptères, lépidoptères, coléoptères, hémiptères).

Ce que vous pouvez faire, très concrètement

  • Conserver des haies et bandes enherbées : ce sont des couloirs de vol et des « garde-manger » d’insectes.
  • Gérer l’éclairage : teintes chaudes/ambres, faisceaux dirigés vers le sol, extinction la nuit quand c’est possible.
  • Protéger les points d’eau : mares et étangs concentrent les insectes et facilitent l’observation.
  • Laisser des gîtes tranquilles (combles calmes, fentes, arbres à cavités) et installer des nichoirs adaptés si l’habitat manque.
  • Limiter les intrants non sélectifs : préserver la ressource en proies et les chaînes alimentaires.

Idées reçues : ce qu’il faut corriger

  • « Elles font des nids en laine ou détruisent les toits » : non. Elles utilisent des cavités existantes (combles calmes, fissures, arbres creux). Le guano salit mais se gère : on protège les gîtes et on traite l’hygiène.
  • « Elles s’emmêlent dans les cheveux » : faux. L’écholocation permet d’éviter des obstacles très fins.
  • « Elles attaquent l’humain » : non. Elles fuient. Évitez le contact et contactez des professionnels en cas d’animal en détresse.

Observation : quand et où regarder ?

Arrivez 15–30 minutes après le coucher du soleil près d’une haie, d’un pont ou d’un plan d’eau. Placez-vous à distance des sorties, évitez le flash, gardez le silence. Suivez les trajectoires : vous noterez des allers-retours entre gîte, eau et lisières, souvent sur les mêmes « rails » nocturnes.

À retenir

  • De nombreuses chauves-souris sont prédateurs naturels d’insectes, en ville comme aux champs.
  • Leur efficacité dépend de couloirs de vol intacts (haies, berges) et d’un éclairage modéré.
  • Conserver des gîtes, poser des nichoirs et réduire les intrants favorisent des équilibres durables.

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