Le quagga (Equus quagga quagga) était un zèbre bien particulier : rayé seulement à l’avant du corps, et brun uni à l’arrière, comme s’il était à moitié zèbre, à moitié cheval. Il vivait en Afrique du Sud, en grands troupeaux. L’homme l’a exterminé en quelques décennies au XIXe siècle. Le dernier est mort en 1883, dans un zoo d’Amsterdam, sans que personne réalise qu’il était le tout dernier. Voici son histoire, établie par la science.
La carte d’identité du quagga
- Nom scientifique : Equus quagga quagga
- Famille : Équidés (chevaux, ânes, zèbres)
- Statut : sous-espèce du zèbre des plaines
- Habitat : Afrique du Sud (Karoo, plaines du Sud)
- Disparition : 1883, au zoo d’Amsterdam
- Plus proche parent vivant : le zèbre des plaines (Equus quagga)
- Particularité : rayé seulement à l’avant du corps
Qu’est-ce que le quagga ?
Le quagga était un équidé, c’est-à-dire un membre de la grande famille des chevaux, des ânes et des zèbres. Pendant longtemps, on l’a pris pour une espèce de zèbre à part entière. On sait aujourd’hui qu’il s’agissait en réalité d’une sous-espèce du zèbre des plaines (Equus quagga), la même espèce qui vit encore dans les savanes africaines.
Son nom curieux vient de son cri. Les premiers colons transcrivaient son hennissement par un « kwa-ha-ha » répété, qui a donné « quagga ». En somme, l’animal porte le nom du son qu’il faisait.
À quoi ressemblait le quagga ?
Le quagga avait la taille et la silhouette d’un zèbre des plaines. Sa particularité tenait à sa robe. La tête, le cou et l’avant du corps portaient de belles rayures brun foncé et blanches. Mais ces rayures s’estompaient vers le milieu du dos, puis disparaissaient complètement. L’arrière du corps était d’un brun uni, presque roux, et les pattes restaient claires.
Cette robe étrange n’est pas un hasard. Les zèbres des plaines sont de moins en moins rayés à mesure que l’on descend vers le sud de l’Afrique. Le quagga, le plus méridional de tous, en était l’extrême : le zèbre le moins rayé qui ait existé.
Où vivait le quagga ?
Le quagga était endémique d’Afrique du Sud. Il peuplait les vastes plaines herbeuses et les régions semi-arides du Karoo et du sud du pays. C’était un brouteur, qui vivait en grands troupeaux dans les espaces ouverts, souvent aux côtés d’autres herbivores comme les gnous et les autruches.
Au début du XIXe siècle, ces troupeaux étaient encore abondants. En quelques décennies seulement, ils ont été réduits à rien.
Pourquoi le quagga a-t-il disparu ?
Comme le grand pingouin, le quagga a été directement exterminé par l’homme. La colonisation européenne de l’Afrique du Sud lui a été fatale, pour plusieurs raisons :
- La chasse pour la viande et le cuir : les colons abattaient les quaggas en grand nombre, pour nourrir les ouvriers et fabriquer des sacs de cuir.
- La concurrence avec le bétail : les éleveurs voyaient le quagga comme un rival qui mangeait l’herbe destinée aux moutons et aux vaches. Ils le tuaient pour libérer les pâturages.
- La transformation des terres : l’élevage et les clôtures ont morcelé et réduit son habitat naturel.
L’animal était abondant, donc personne ne s’inquiétait. C’est tout le drame du quagga : il a disparu sans que l’on s’en rende compte, victime d’une chasse banale et quotidienne.
Le dernier quagga
Les derniers quaggas sauvages ont été abattus à la fin des années 1870. Il restait alors quelques individus dans des zoos européens. Le tout dernier était une femelle, arrivée au zoo Artis d’Amsterdam en 1867. Elle y est morte le 12 août 1883.
Le plus troublant, c’est que personne, ce jour-là, n’a compris ce qui venait de se passer. On a cru perdre un animal de plus. En réalité, l’espèce venait de s’éteindre pour toujours. Ce n’est qu’ensuite, en cherchant à en faire venir d’autres, que l’on a réalisé qu’il n’en restait aucun, nulle part.
Le quagga, pionnier de la science de l’ADN ancien
Le quagga occupe une place unique dans l’histoire des sciences. En 1984, des chercheurs ont réussi, pour la première fois, à extraire et à lire l’ADN d’un animal disparu, à partir d’un morceau de peau séchée conservé dans un musée. Cet animal, c’était le quagga.
Cette expérience a fondé une discipline entière : l’étude de l’ADN ancien, qui permet aujourd’hui d’analyser les mammouths, les Néandertaliens ou le dodo. L’analyse a aussi livré une réponse claire : le quagga était bien plus proche des zèbres que des chevaux, et plus précisément une forme de zèbre des plaines. Des études ultérieures, sur plusieurs spécimens, l’ont confirmé.
Peut-on faire renaître le quagga ?
C’est la question que pose le Quagga Project, lancé en Afrique du Sud en 1987. Son idée : puisque le quagga était une sous-espèce du zèbre des plaines, ses gènes existent toujours, dispersés dans les zèbres actuels. En sélectionnant et en croisant les zèbres les moins rayés, génération après génération, le projet fait réapparaître peu à peu la robe du quagga.
Il faut être honnête sur ce que cela signifie. Ces zèbres, appelés « quaggas de Rau », retrouvent l’apparence du quagga, mais ce ne sont pas les quaggas d’origine. On recrée un aspect, pas un animal disparu à l’identique. Le vrai quagga, lui, reste éteint.
Que reste-t-il du quagga aujourd’hui ?
Il subsiste environ vingt-trois peaux naturalisées dans les musées du monde, ainsi que quelques squelettes complets, des os et des échantillons de tissus. C’est à partir de ces restes que la science a pu lire son ADN et comprendre sa place dans la famille des équidés. Et puis il reste son espèce, le zèbre des plaines, toujours bien vivant dans les savanes, qui porte en lui une part de l’héritage du quagga.
Conclusion
Le quagga n’a pas été emporté par une catastrophe naturelle. Il a été tué peu à peu, parce qu’il gênait et parce qu’il était utile, jusqu’au dernier. Son extinction discrète, presque passée inaperçue, en fait un avertissement particulier : une espèce abondante peut disparaître sans bruit, simplement parce que personne ne l’a regardée à temps. Comprendre le quagga, c’est apprendre à ne pas attendre le dernier individu pour s’inquiéter.
Pour aller plus loin avec les enfants : le quagga était une sous-espèce du zèbre des plaines, l’animal que l’on peut encore observer aujourd’hui. Découvrez la figurine du zèbre des plaines pour comparer ses rayures avec celles, incomplètes, du quagga disparu.
Questions fréquentes sur le quagga
Le quagga était-il un zèbre ou un cheval ?
Un zèbre. Plus exactement une sous-espèce du zèbre des plaines. Son arrière-train brun et sans rayures lui donnait une allure de cheval, mais c’était bien un zèbre.
Pourquoi le quagga n’avait-il des rayures qu’à l’avant ?
Les zèbres des plaines sont de moins en moins rayés vers le sud de l’Afrique. Le quagga, le plus méridional, était le moins rayé de tous : seuls la tête, le cou et l’avant du corps gardaient des rayures.
Pourquoi le quagga a-t-il disparu ?
À cause de la chasse intensive pour sa viande et son cuir, et parce que les éleveurs le voyaient comme un concurrent du bétail. Le dernier est mort en 1883.
Le quagga existe-t-il encore ?
Non. Le vrai quagga est éteint. Le Quagga Project recrée seulement son apparence en sélectionnant des zèbres des plaines, mais ce ne sont pas les animaux d’origine.
Quel est le plus proche parent vivant du quagga ?
Le zèbre des plaines (Equus quagga), dont le quagga était une sous-espèce.
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