Zoodex — Explorer le monde animalLes mollusques marins : pieuvres, calmars et coquillages

Les mollusques marins : pieuvres, calmars et coquillages

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Imaginez un animal sans le moindre os, capable de se faufiler dans un trou de la taille d’une pièce de monnaie, de changer de couleur en un dixième de seconde, d’ouvrir un bocal vissé depuis l’intérieur, et de résoudre des énigmes que certains mammifères échouent a comprendre.

Cet animal existe : c’est la pieuvre, star incontestée du groupe des mollusques marins. Mais les mollusques, c’est bien plus que les pieuvres. C’est aussi le calmar géant des abysses, la seiche hypnotique, le nautile aux chambres secrètes, l’huître qui fabrique des perles, et les milliers de coquillages qui décorent les plages du monde entier.

Avec plus de 50 000 espèces marines connues, les mollusques forment le deuxième groupe d’animaux marins le plus diversifié après les arthropodes. Ils peuplent tous les habitats de l’océan, du rivage battu par les vagues aux fosses les plus profondes, des récifs coralliens tropicaux aux eaux glaciales de l’Antarctique.

 

Qu’est-ce qu’un mollusque ?

Le mot mollusque vient du latin mollis, qui signifie mou. Et c’est bien leur caractéristique commune : les mollusques ont un corps mou, sans squelette interne. Beaucoup se protègent avec une coquille externe (comme les escargots de mer, les moules et les huîtres), mais d’autres ont perdu leur coquille au fil de l’évolution (comme les pieuvres et les nudibranches) ou la portent à l’intérieur de leur corps (comme les seiches).

Tous les mollusques partagent un plan d’organisation commun avec trois parties principales : un pied musculeux (qui sert à se déplacer, à creuser ou, chez les céphalopodes, s’est transformé en bras et tentacules), un manteau (qui sécrète la coquille quand il y en a une et protégé les organes) et une masse viscérale (qui contient les organes internes). On distingue trois grands groupes de mollusques marins : les céphalopodes (pieuvres, calmars, seiches, nautiles), les gastéropodes (escargots de mer, limaces de mer, nudibranches) et les bivalves (moules, huîtres, coquilles Saint-Jacques, palourdes).

Les céphalopodes : les génies de l’océan

Les céphalopodes (du grec tête et pied) sont les aristocrates du monde des mollusques. Ce sont les invertébrés les plus intelligents, les plus rapides et les plus spectaculaires de l’océan.

La pieuvre : trois cœurs et du sang bleu

Pieuvre manipulant un objet avec ses ventouses, montrant sa dextérité et son intelligence

 

La pieuvre (ou poulpe) est un animal si extraordinaire qu’on pourrait la croire inventée par un romancier de science-fiction. Commençons par les chiffres : 3 coeurs, du sang bleu, 8 bras couverts de ventouses, environ 500 millions de neurones (dont les deux tiers sont dans les bras, pas dans le cerveau central), et la capacité de changer de couleur, de texture et de forme en une fraction de seconde.

Ses trois cœurs fonctionnent en équipe : deux cœurs branchiaux pompent le sang vers les branchies pour l’oxygéner, et un cœur systémique envoie le sang oxygéné dans tout le corps. Son sang est bleu parce qu’il contient de l’hémocyanine, une protéine à base de cuivre (et non de l’hémoglobine a base de fer comme notre sang rouge). Ce système est moins efficace que le nôtre pour transporter l’oxygène, mais il fonctionne mieux dans les eaux froides et pauvres en oxygène des profondeurs.

Chacun de ses 8 bras possède sa propre autonomie : il peut goûter, sentir et même décider de mouvements simples sans passer par le cerveau central. C’est comme si chaque bras avait son propre mini-cerveau. Les ventouses, en plus de servir de prises puissantes, sont couvertes de récepteurs chimiques : la pieuvre goûte littéralement tout ce qu’elle touche.

L’intelligence de la pieuvre est prodigieuse pour un animal qui vit en moyenne seulement 1 a 2 ans. En laboratoire, les pieuvres ouvrent des bocaux vissés, résolvent des labyrinthes, utilisent des coquilles de noix de coco comme abris (un usage d’outil), reconnaissent des visages humains individuels, et projettent de l’eau sur les chercheurs qu’elles n’apprécient pas. Certaines jouent avec des objets, signe d’un comportement habituellement réservé aux mammifères et aux oiseaux. La figurine du poulpe Safari Ltd reproduit fidèlement l’anatomie fascinante de ce céphalopode.

Le camouflage de la pieuvre est le plus sophistiqué du règne animal. Sa peau contient des milliers de chromatophores, des cellules pigmentaires entourées de muscles. En contractant ou relâchant ces muscles, la pieuvre modifie instantanément sa couleur et son motif. Sous les chromatophores, des iridophores produisent des reflets métalliques, et des leucophores créent du blanc. En plus de la couleur, des papilles musculaires peuvent se dresser ou s’aplatir, permettant a la pieuvre de reproduire la texture rugueuse d’un rocher, la surface d’une algue ou même l’apparence d’un autre animal.

Le calmar : torpille des profondeurs

Calmar géant nageant dans les profondeurs sombres de l'océan avec ses longs tentacules déployés

 

Si la pieuvre est le cerveau du récif, le calmar est le sprinter de la haute mer. Son corps en forme de torpille, terminé par deux nageoires triangulaires, est conçu pour la vitesse. Le calmar se propulse en aspirant de l’eau dans sa cavité du manteau, puis en la projetant violemment par un siphon orientable, comme un petit réacteur biologique. Certaines espèces atteignent 40 km/h et peuvent même jaillir hors de l’eau pour voler sur plusieurs dizaines de mètres.

Le calmar possède 8 bras courts et 2 longs tentacules de chasse. Ces tentacules, dotés de ventouses armées de crochets chez certaines espèces, se détendent comme des ressorts pour saisir une proie en une fraction de seconde, avant de la ramener vers le bec central.

Calmar commun fond noir

Le calmar géant (Architeuthis dux) est la créature qui a inspiré les légendes du Kraken. Il peut mesurer jusqu’à 13 mètres de long, tentacules compris, et possède les plus grands yeux du règne animal : 25 centimètres de diamètre, soit la taille d’un ballon de football. Ces yeux gigantesques lui permettent de capter la moindre lueur de bioluminescence dans les ténèbres des grands fonds. Le calmar géant vit entre 300 et 1 000 mètres de profondeur et n’a été filme vivant dans son habitat naturel pour la première fois qu’en 2004, au large du Japon. Son principal prédateur est le cachalot, qui plonge dans les abysses pour le chasser. Les cicatrices circulaires laissées par les ventouses du calmar sur la peau des cachalots témoignent de combats titanesques dans les profondeurs.

Le calmar colossal (Mesonychoteuthis hamiltoni), encore plus massif que le calmar géant, vit dans les eaux glaciales de l’Antarctique. Il peut peser jusqu’à 500 kilogrammes et ses ventouses sont équipées de crochets rotatifs capables d’entailler la chair d’un cachalot.

La seiche : l’artiste du camouflage

Seiche affichant des vagues de couleurs hypnotiques sur sa peau pour communiquer

 

La seiche est peut-être l’animal le plus spectaculaire à observer. Son corps aplati et ses grands yeux en forme de W lui donnent une allure unique. Comme la pieuvre, elle possède des chromatophores, mais la seiche les utilise non seulement pour le camouflage, mais aussi pour communiquer. Des vagues de couleur parcourent sa peau comme des écrans lumineux vivants, créant des motifs hypnotiques qui peuvent fasciner une proie, intimider un rival, ou séduire un partenaire.

À l’intérieur de son corps, la seiche possède un os spongieux et léger (l’os de seiche, que l’on donne parfois aux oiseaux en cage) qui lui sert de flotteur interne. En contrôlant la quantité de gaz et de liquide dans les chambres de cet os, elle ajuste sa flottabilité avec une précision remarquable.

La seiche flamboyante (Metasepia pfefferi), qui vit dans les eaux du Pacifique tropical, est l’une des rares seiches venimeuses. Sa chair contient une toxine aussi puissante que celle de la pieuvre a anneaux bleus. Pour avertir les prédateurs, elle arbore en permanence des couleurs vives (jaune, violet, rouge) qui clignotent comme un néon d’avertissement.

Le nautile : le sous-marin vivant

Nautile flottant dans l'eau avec sa coquille en spirale nacree et ses tentacules fins

 

Le nautile est le plus ancien des céphalopodes encore en vie. Ses ancêtres nageaient dans les océans il y a 500 millions d’années, bien avant les premiers dinosaures. C’est un véritable fossile vivant qui n’a presque pas changé depuis des centaines de millions d’années.

Sa coquille en spirale, d’une beauté mathématique parfaite (elle suit une spirale logarithmique), est divisée en une trentaine de chambres séparées par des cloisons. Le nautile n’occupe que la derniere chambre, la plus grande. Les chambres précédentes sont remplies d’un mélange de gaz et de liquide que le nautile contrôle pour monter ou descendre dans l’eau, exactement comme un sous-marin ajuste ses ballasts. La nuit, il remonte vers les eaux peu profondes pour chasser des crevettes et des petits poissons. Le jour, il redescend vers les profondeurs pour se protéger des prédateurs.

Contrairement aux autres céphalopodes, le nautile possède non pas 8 mais environ 90 tentacules fins, dépourvus de ventouses. Il n’a pas non plus la capacité de changer de couleur, et sa vision est rudimentaire (son œil fonctionne comme un simple trou d’épingle, sans lentille). La figurine du nautile CollectA reproduit magnifiquement sa coquille en spirale caractéristique.

Les bivalves : les filtreurs de l’océan

Assortiment de coquillages marins colores sur un fond sableux avec moules, huîtres et coquilles Saint-Jacques

Les bivalves (moules, huîtres, coquilles Saint-Jacques, palourdes, praires) sont des mollusques dont le corps est protégé par deux coquilles articulées par une charnière. La plupart vivent fixes au fond ou enfouis dans le sable, et se nourrissent en filtrant l’eau : ils aspirent des litres d’eau de mer et en retiennent les particules nutritives grace a leurs branchies. Une seule huître peut filtrer jusqu’a 200 litres d’eau par jour, jouant ainsi un rôle essentiel dans la purification des eaux côtières.

La coquille Saint-Jacques est l’un des bivalves les plus surprenants : elle possède une rangee de petits yeux bleus le long du bord de sa coquille (jusqu’a 200 yeux !), chacun équipé d’un système de miroir qui reflète la lumière sur une rétine, un peu comme un télescope. Elle est aussi capable de nager par a-coups en claquant ses deux valves, un mouvement qui lui permet de fuir les prédateurs comme les etoiles de mer.

La coquille Saint-Jacques est l'un des bivalves
Coquille Saint-Jacques

Le bénitier géant (Tridacna gigas), le plus grand bivalve du monde, peut mesurer 1,2 metre de large et peser 250 kilogrammes. Il vit dans les récifs coralliens du Pacifique et abrite dans son manteau colore des algues microscopiques (zooxanthelles) qui lui fournissent une partie de sa nourriture grace a la photosynthèse, exactement comme les coraux.

Les perles sont une production accidentelle des huîtres perlières. Quand un grain de sable ou un parasite s’introduit entre le manteau et la coquille, l’huître l’enrobe de couches successives de nacre (aragonite et conchyoline) pour neutraliser l’irritation. Couche apres couche, au fil des mois et des années, une perle se forme. La nacre qui tapisse l’interieur des coquilles est elle aussi un matériau extraordinaire : malgre sa finesse, elle est 3 000 fois plus résistante que le cristal d’aragonite pur dont elle est composée, grace a sa structure en mur de briques microscopiques.

Les gastéropodes marins : escargots des mers

Les gastéropodes marins (du grec ventre et pied) forment le groupe le plus riche en espèces parmi les mollusques. Leur corps s’enroule dans une coquille en spirale unique (contrairement aux deux coquilles des bivalves), et ils se déplacent en rampant sur un large pied musculeux couvert de mucus.

Les cones sont les chasseurs les plus redoutables du groupe. Ces escargots de mer, dont la coquille est souvent magnifiquement décorée, possèdent un harpon venimeux qu’ils projettent avec une rapidité foudroyante. Le venin de certains cones tropicaux est si puissant qu’il peut tuer un etre humain. Paradoxalement, ces toxines interessent énormément les chercheurs en médecine : un analgésique dérivé du venin du cone magicien est aujourd’hui utilisé contre les douleurs chroniques sévères.

Les nudibranches (limaces de mer)es : orange vif, bleu électrique, violet, jaune citron. Ces couleurs ne sont pas décoratives : elles signalent aux prédateurs que l’animal est toxique ou a un gout épouvantable. Certains nudibranches sont capables de voler les cellules urticantes des anémones et méduses qu’ils mangent, puis de les stocker dans leurs appendices dorsaux pour les utiliser a leur propre défense.

Les nudibranches (limaces de mer)

 

Des records et des curiosités

Le monde des mollusques marins est rempli de records ahurissants.

La pieuvre mimétique (Thaumoctopus mimicus), découverte en 1998 en Indonésie, peut imiter la forme et le comportement d’au moins 15 espèces différentes, dont la sole venimeuse, le poisson-lion, le serpent de mer et la méduse. C’est le seul animal connu capable d’imiter plusieurs espèces en fonction du prédateur qui le menace.

La pieuvre a anneaux bleus, qui tient dans le creux de la main, produit un venin (la tétrodotoxine) capable de tuer un etre humain adulte en quelques minutes. Il n’existe aucun antidote. Malgre sa dangerosité, elle ne mord que si elle est directement manipulée.

Le calmar de Humboldt, aussi appelé diable rouge, chasse en meutes organisées de plusieurs centaines d’individus, communiquant par des flashs lumineux produits par des photophores dans sa peau. Il peut atteindre 2 metres de long et 50 kilogrammes.

Certains bivalves des grands fonds vivent a proximite des sources hydrothermales, ou l’eau jaillit a plus de 300 degrés. Ils hébergent des bactéries chimiosynthétiques dans leurs branchies, qui transforment le sulfure d’hydrogene toxique en énergie nutritive. Ces mollusques vivent donc sans la moindre lumière solaire, grace a la chimie de la Terre.

Observer les mollusques avec les figurines

Pour explorer la diversite des mollusques marins, les figurines réalistes sont un excellent point de depart. La figurine du poulpe Safari Ltd montre les 8 bras et les ventouses caractéristiques de ce céphalopode. La pieuvre geante du Pacifique Safari Ltd, de la collection Incredible Creatures, offre un modele grand format spectaculaire. La figurine du poulpe Mojo propose une alternative détaillée. Et le nautile CollectA reproduit fidèlement la coquille en spirale de ce fossile vivant. Retrouvez toutes les figurines sur la page des crustaces, mollusques et invertébrés.

Questions fréquentes sur les mollusques marins

Combien de coeurs a une pieuvre ?

Trois. Deux coeurs branchiaux envoient le sang aux branchies, et un coeur systemique le distribue dans le corps. Son sang est bleu car il contient du cuivre au lieu du fer.

La pieuvre est-elle vraiment intelligente ?

Oui, c’est l’invertébré le plus intelligent. Elle possède 500 millions de neurones, sait ouvrir des bocaux, résoudre des labyrinthes, utiliser des outils et reconnaître des visages humains.

Quelle est la difference entre une pieuvre et un calmar ?

La pieuvre a 8 bras, un corps rond, et vit sur le fond. Le calmar a 8 bras plus 2 longs tentacules, un corps en torpille, et nage en pleine eau grace a la propulsion par jet.

Comment la pieuvre change-t-elle de couleur ?

Sa peau contient des milliers de chromatophores, des cellules pigmentaires entourées de muscles. En les contractant ou les relâchant, elle modifie sa couleur, son motif et meme sa texture en moins d’un dixième de seconde.

Le calmar géant existe-t-il vraiment ?

Oui ! Il peut mesurer jusqu’a 13 metres et possède les plus grands yeux du règne animal (25 cm de diametre). Il n’a ete filme vivant qu’en 2004.

Qu’est-ce qu’un nautile ?

Un céphalopode a coquille en spirale divisée en chambres. En contrôlant le gaz et le liquide dans ces chambres, il flotte comme un sous-marin. Ses ancêtres existaient il y a 500 millions d’années.

Pour aller plus loin

Le monde des mollusques est si riche qu’on pourrait y consacrer une bibliothèque entière. Pour approfondir, découvrez notre article dédié a la pieuvre, et explorez les liens entre les céphalopodes et leurs prédateurs dans nos articles sur le cachalot et l’orque.

Et pour poursuivre votre découverte des animaux marins, plongez dans nos guides sur les poissons de mer, les requins, les mammifères marins, les crustaces, les tortues de mer, les méduses et coraux et les échinodermes.

Découvrez toutes les figurines de mollusques et invertébrés marins

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